La ville à la plage
Genève, mode balnéaire
Lac aux eaux translucides, Rhône invitant à la dérive, gazon à ras d’eau et galets chauffés au soleil : l’été, Genève troque volontiers le costard trois-pièces pour le costume de bain. Plages, spas, buvettes — flottantes ou non —, la rade se la joue dolce vita.
En bouclant la valise, il faudrait voir à ne pas oublier le costume de bain. Pourquoi ? Pour aller faire trempette aux Pâquis, pardi. Une délicieuse mise à l’eau et une bonne entrée en matière pour croiser les Genevois de tous âges, dans la poésie rétro de ces bains en pleine rade, installés là bien avant le jet d’eau. Certains y plongent même l’hiver.
Rive gauche
Un coup de mouette (navette lacustre) et, sur l’autre berge, Genève-Plage déroule ses arguments : piscine olympique, pataugeoire et 4 ha de gazon où s’étalent serviettes et pique-nique. L’ambiance, joyeusement populaire, est rythmée par cabines bleu et blanc , toboggan aquatique, paillottes, beach volley et grand plongeoir. Windsurf, paddle, on se croirait à la mer. C’est de là que s’élancent, le 23 août, les nageurs de La Traversée de la rade : 1,8 km jusqu’aux Pâquis, sans chrono ni podium, pour le plaisir de se jeter à l’eau.
Beaucoup de monde ? En arrière-plan, Le Bain Bleu propose ses alternatives : piscine cubiste en bas, façon béton brut et cascades ; piscine panoramique en rooftop, avec alcôves, jets massants et chaises longues tournées vers le lac et le Jura. Un favori des pool parties. En prime : le spa et le hammam, à l’ambiance orientale.
De l’autre côté de la marina du Port-Noir, la plage des Eaux-Vives déroule 1,5 ha de gazon et quatre anses de petits galets. Les bambins y ont leur fond, comme on dit ici — ils y ont pied, grâce à la pente toute douce de Baby-Plage (taille XXS), où le sable l’emporte. Vélos et tongs, poussettes, patinettes et serviettes, l’été se vit balnéaire sur ces 400 m de Léman. Un long ponton avec vente à l’emporter invite à lézarder verre en main, regard sur le Salève et l’iconique jet d’eau, qui s’acharne à graver sa sculpture liquide sur le ciel genevois.
Une brochette de buvettes
Épousant la rade, en vue du Jardin Anglais, le quai Gustave-Ador longe la marina des Eaux-Vives, où voguent des bateaux miniatures électriques. L’été venu, La Canopée s’installe là, avec ses cours de sport et activités gratuites chaque matin, son bouquet de hamacs, sa buvette et son food-truck pour se remplumer. Et si on se faisait une pétanque ?
L’animation se cristallise dans le secteur, autour des 2 piscines lacustres des Bains du jet d’eau (sauf lundi) et des buvettes saisonnières. Au menu : apéros, palmiers en pots, transats à fleur d’eau, concerts et spectacles… Le Glacier du jet d’eau ajoute sa gelato et les cygnes leurs courses à la Fangio dès qu’apparaît un bout de pain. À quelques pas, un ancien bateau de la CGN reconverti en lieu associatif, Bateau Genève, se mue l’été en buvette embarquée, proposant lui aussi concerts épisodiques et rencontres (du mercredi au samedi).
D’autres escales se dessinent bientôt au fil des berges du Rhône. Ambiance alternative, transats, cocktails, tapas, à chacun son lieu favori, flottant ou bien ancré à la terre ferme, célébrant tous une même joie de vivre l’été, entre afterworks et scènes éphémères.
Batifoler dans le fleuve
Si le lac réunit tout le monde, le Rhône, lui, joue plutôt le délit d’initiés. Au plus chaud de l’été, certains n’hésitent pas à s’y jeter. Et si le plouf depuis le pont de Sous-Terre reste interdit (quoique pratiqué), la descente en aval est autorisée — et redoutablement tentante. À la nage, le courant impose le respect. Sur un paddle ou une grosse bouée, ventre au soleil, l’expérience devient presque méditative. Certains se laissent dériver ainsi des heures, en pleine nature, parfois jusqu’au barrage de Verbois.