Le funambule du Haut-Plateau
Le funi fête ses 115 ans
À quelques pas seulement de la gare de Sierre, le funiculaire de Crans-Montana permet de rejoindre aisément la station. Un voyage hautement panoramique, qu’il exécute sans interruption — mais avec arrêts en chemin — depuis 115 ans !
Mule depuis Corin, voiture à porteurs, marche durant quatre bonnes heures… à la fin du XIXe siècle, les méthodes pour rejoindre les sanatoriums du Haut-Plateau depuis la vallée sont aussi lentes que limitées… Un vrai problème pour des patients déjà en mauvaise santé… Les promoteurs de l’Hôtel du Parc tracent une route (à péage !) vers 1900, mais les automobiles sont encore bien rares et poussives — et le temps de trajet à peine écourté. C’est ainsi que, trois ans plus tard, un projet de construction de train à crémaillère voit le jour… avant de tomber à l’eau. Ce sera un funiculaire, finalement.
Seul hic : impossible, à l’époque, de fabriquer un câble assez long pour tracter les wagons sur les 4’207 m séparant Sierre de la future Crans-Montana. Les ingénieurs s’adaptent et adoptent l’idée de deux tronçons successifs, desservis par deux funiculaires différents, avec station intermédiaire — où les passagers sont invités à changer de véhicule. Le plus long funiculaire de Suisse est ainsi inauguré, le 1er octobre 1911.
Si les premières machines mettent près d’une heure pour grimper les 927 m de dénivelé séparant la vallée de la station (à 5 km/h !), avec l’évolution des technologies, le temps de trajet est divisé par deux en 1929 — puis par quatre lorsque, en 1997, les deux tronçons sont réunis en une voie unique. Dernière évolution en date, en 2022, un colossal chantier voit changer les rails d’origine, réaménager les gares, rebâtir ou ajouter quatre ponts et adopter de nouvelles voitures (aux couleurs du Valais). Idéal pour profiter pleinement du panorama sur les vignes, les bois et les sommets des Alpes valaisannes se révélant au fur et à mesure de la montée. Cerise sur le gâteau de la durabilité, un nouveau système de récupération de l’énergie du freinage a été installé, permettant d’alimenter une partie de l’ascension suivante, ainsi que 155 panneaux photovoltaïques sur la gare amont, garantissant la neutralité de l’installation en CO2. Et voilà le funi entré dans le XXIe siècle.