Tiffany Arafi

Fille du Haut-Plateau

Texte
Claude Hervé-Bazin
Copyright
Patrick Güller
Parution
Août 2026

Il y a des destins qui s’écrivent dès l’enfance. Celui de Tiffany Arafi commence là où le regard embrasse tout et le vent dicte sa loi : sur le plateau de Crans-Montana, entre fairways étroits et panoramas alpins imprenables. C’est ici qu’elle a appris à jouer. Ici qu’elle a progressé, jusqu’à intégrer le top 10 suisse.

Fille de golfeurs, Tiffany grandit au rythme des week-ends sur le parcours du Severiano-Ballesteros, dans cette aura que confèrent les hauteurs valaisannes. Les premières balles frappées avec ses parents se transforment presque naturellement en vocation. L’Omega European Masters agit comme un révélateur. Voir les meilleurs joueurs du monde fouler son gazon, c’est comprendre que le rêve a une adresse : la sienne.

À seize ans, cap sur l’Amérique. Tiffany intègre la Coastal Carolina University et la NCAA Division 1 — la plus élevée aux États-Unis. Idéal pour progresser sans négliger ses études. Elle accroche quelques victoires à son tableau et une nomination au titre de sportive féminine de l’année NCAA en 2022. Dans la foulée, à sa propre surprise, Tiffany passe professionnelle après avoir décroché une 13e place à la qualification des cartes européennes. « Cet événement a tout changé pour moi, c’est à partir de ce moment-là que m’a vie a basculé dans une nouvelle dimension », se souvient-elle, émue.

La jeune femme rentre doublement diplômée (en sport management et business) et armée d’une conviction : le golf exigeant de Crans-Montana, ses fairways serrés, ses greens techniques et les caprices de l’altitude n’étaient pas un handicap, mais une école.

Sa première victoire marquante ? Le Mémorial Olivier Barras, à domicile, sous les yeux des siens — un « moment inoubliable ». Suivent deux autres succès sur le tournoi et trois titres de Championne de Suisse amateur. D’autant plus épatant que Tiffany souffre d’une sclérose en plaques. « Un défi au quotidien en tant qu’athlète professionnelle », reconnaît-elle, la maladie nécessitant de gérer au mieux l’énergie sur une semaine de tournoi, la récupération et ce petit handicap par rapport aux autres joueuses. « Mais c’est aussi ce qui me pousse à me battre davantage et renforce ma détermination », ajoute la montanaise.

Fière ambassadrice de la station, Tiffany ne manque pas d’ambitions. Ses buts ? « Réaliser une bonne saison d’abord, décrocher une victoire et m’installer parmi les meilleures du circuit européen dans les prochaines années ». Dans le viseur : le top 100 mondial « pour avoir l’honneur de représenter la Suisse aux Jeux Olympiques ».

tiffanyarafi.com