Plongeon musical à Genève-Plage
L’Orchestre de la Suisse Romande fait vibrer l’été
Trois soirées au bord du Léman, un orchestre en mouvement, le cinéma qui s’invite dans la partition : l’Orchestre de la Suisse Romande rejoue la belle saison en liberté, pour une septième édition consécutive, réunissant musiciens et public à la piscine.
Sortir du cadre sans perdre le cap. Direction la piscine municipale de Genève-Plage, inaugurée en 1932 dans l’esprit des grandes « plages urbaines » de l’époque. Ici, ni velours rouge ni silence feutré : chaises, transats, couvertures et rafraîchissements sont les bienvenus, pour une écoute différente. Moins de décorum, plus de sensations. Le vent s’invite parfois, les lumières spectaculaires déclinent sur le lac, les silhouettes se détendent. Dans cet extérieur mouvant, les notes résonnent différemment, composant un autre voyage musical. Et pourtant, dès les premières mesures, l’émotion reste intacte — portée par l’expertise de l’OSR.
Ce triptyque en extérieur est annoncé du 13 au 15 août 2026. En ouverture symphonique : « American Summer » avec la virtuose Margaryta Grynyvetska à la direction et, au saxophone, Valentine Michaud, Franco-Suisse lauréate de nombreux prix. Le 14 : un ciné-concert autour de « The Lodger » d’Alfred Hitchcock, œuvre charnière du cinéma muet. En clôture, enfin, un programme jazz dédié à Joséphine Baker, tout en swing et élégance, réalisé par l’OSR. Trois portes d’entrée vers la vaste palette de l’orchestre.
L’image en musique
Cœur battant de cette édition estivale, le ciné-concert verra l’orchestre jouer en direct. Philippe Béran, à la direction, le souligne : le défi réside dans la synchronisation absolue, mais aussi et surtout dans l’intention — trouver le point d’équilibre entre fidélité à l’image et autonomie musicale. Résultat : une expérience immersive, où le regard et l’écoute construisent l’histoire ensemble.
Ce dialogue s’inscrit de fait dans une stratégie plus large. Depuis plusieurs saisons, l’OSR développe le ciné-concert comme porte d’entrée vers de nouveaux publics, jeunes en particulier. Trois autres rendez-vous de cinés-concerts jalonnent d’ailleurs l’année : burlesque de Laurel et Hardy ; univers fantasque de « The Addams Family » — logiquement programmé à Halloween — ; jusqu’au phénomène Harry Potter en mai 2027 à l’Arena. Un geste assumé vers les familles.
Genève-Plage comme les cinés-concerts agissent en révélateurs. Hors-les-murs, l’orchestre s’autorise des passerelles entre genres, des adresses plus directes au public — portées par la passion communicative des musiciens et de chefs d’orchestre tels que Philippe Béran. En fil rouge, toujours : des solistes de haut niveau, des dirigeants exigeants et une cohérence musicale solide, fidèle à la vocation de l’OSR.