Se perdre dans la blancheur

Se perdre dans la blancheur

du « Grand Désert »

Texte
Laurent Grabet
Copyright
David Carlier
Parution
Hiver 2021

Le secteur de la Rosablanche (3’335 m) forme une sorte de «grand désert» fertile en inoubliables épopées alpines. Là-haut, tout n’est que paysages grandioses et poudreuse grisante.

La neige est là, ensoleillée, vierge et poudreuse? Le bulletin avalanche autorise un certain optimisme? L’envie de vous lancer dans une belle randonnée à ski vous taraude donc tout naturellement. à Verbier, ce n’est pas le choix qui manque! L’un des itinéraires les plus courus est celui montant à la Rosablanche, sommet de 3’335 m planté au cœur de l’univers fascinant et intemporel de la haute montagne.

Le guide bagnard Claude-Alain Gailland la connaît comme sa poche, mais ne s’en lasse pas: «la Rosablanche est le pignon central permettant des aventures alpines à 360°» s’enthousiasme-t-il. Pour les plus endurants, l’accès peut se faire directement depuis la station, sur environ 10 km pour 1’600 m de dénivelé. Une autre option, plus accessible, consiste à partir des Ruinettes (500 m de montée en moins). Mais le plus sympathique, pour éviter l’overdose et plonger directement dans un grand bain de nature, consiste à prendre les remontées mécaniques pour rallier le Col des Gentianes (2’950 m) ou même le Mont-Fort (3’330 m). La première option, accessible aux skieurs moyens, est entrecoupée de deux montées successives. La seconde, réservée aux plus confirmés, ne comprend qu’une seule montée et permet de déguster la légendaire descente du Backside Mont-Fort en guise d’échauffement.

«Ces itinéraires recoupent en partie ceux de la Haute Route et de la Patrouille des Glaciers», rappelle Claude-Alain Gailland. Ils passent aussi à proximité du Bec des Rosses, improbable arène rocheuse et neigeuse, où les gladiateurs freeride de l’Xtreme se mesurent chaque fin de saison. Un joli avant-goût de grande épopée hors-piste, qui explose d’intensité en parvenant sur le glacier du Grand Désert. Là, la majesté impérieuse des paysages éclipse par sa puissance le sentiment pourtant intense qu’exhalent ces traces furtives que la vanité de l’Homme croit avoir gravées à jamais. Les 50 derniers mètres se font à pied, le long de l’arête.

Reste le meilleur: la descente. Là encore, plusieurs variantes s’offrent. Celle menant vers Nendaz via le lac de barrage de Cleuson est la plus tranquille. Celle débouchant sur le val des Dix par le glacier de Mourti est la plus méditative. Grâce au bus, on peut ensuite regagner Verbier en traversant une grande partie du magnifique domaine skiable des 4 Vallées. Troisième option, le vallon de Fionnay est plus exigeant techniquement, mais offre le cadre le plus sauvage de tous. Les amateurs noteront que la Rosablanche est aussi accessible en héliski. Quel que soit votre choix, s’offrir les compétences d’un guide est essentiel.

www.nolimitsexperience.ch