Juvet

L’hôtel nature

Texte
Claude Hervé-Bazin
Copyright
Juvet Landscape Hotel
Parution
Octobre 2021

Oslo est à 7 h de route, le pays des fjords tout autour. Immergé dans les plus beaux paysages de Scandinavie, l’hôtel Juvet invite la nature jusque dans ses chambres. À moins que ce ne soient ses chambres qui s’invitent dans la nature.

« Leave the world behind you », dit le slogan. Où mieux qu’ici ? Dans la vallée de Valldalen, la présence de l’homme est ténue. D’un côté, le célèbre fjord de Geiranger, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, tend ses herses de falaises griffées d’innombrables cascades. De l’autre, le ruban de goudron du Trollstigen (« le sentier des trolls ») s’élève en une spectaculaire collection d’épingles à cheveux, accessible durant une courte fenêtre de temps, en général entre fin mai et octobre. On s’y dévisse le cou pour apercevoir le panache des Stigfossen (320 m), nourries par une armée de névés.

Une architecture expérimentale
Là, au-dessus de la vallée, les sept cubes des Landscape rooms de l’hôtel Juvet se plantent sur leurs échasses : sept chambres comme autant de mondes perdus, suspendus entre la forêt boréale et la rivière Valldøla qui creuse son sillon. À travers les parois vitrées, rien d’autre n’apparaît que cette nature farouche tutoyant presque le cercle polaire. L’immersion n’en est que plus puissante. Ici, la nature enveloppe. Contrastant avec les tonalités sombres de l’intérieur, elle déroule ses univers tantôt furieux, balayés par le blizzard, tantôt sereins, baignés par la lumière irréelle du soleil de minuit. Inspiré ? Le Writer’s Lodge attend les créateurs amateurs de confort et de davantage d’espace (70 m2). Les paysages y composent la même toile de fond sauvage, parfois voilée de brouillard et baignée, toujours, par la symphonie des vents boréaux.

Ici niche la chevêchette d’Europe. Comme elle, sur les hauteurs, les deux Bird houses griffent encore la pente de leurs nids douillets, offrant aux couples un huis clos de 8 m2 d’intimité minimaliste — façon cabane norvégienne réinventée en cocon contemporain, avec lit panoramique et micro-salle de bains. Du lit, les yeux lisent la taïga. Les feuilles jaunes des bouleaux qui tourbillonnent dans l’air automnal. Les fougères roussies. Les myrtilliers rougissant. Les mousses encore vertes nappant la roche.

Dehors, les dernières forces vives de la nature combattent le crépuscule grandissant. Dedans, la discrète Bath House, extraite du sol, dessine une alcôve de bien-être, entre murs de béton brut et proximité des flots rugissants. Le sauna infuse sa chaleur brutale. La silent room promet un néant régénérateur et le Jacuzzi marmonne sous les étoiles.

Immersion norvégienne
Comme on ne vit (malheureusement) pas que d’amour et d’eau fraîche, il y a le Barn, le restaurant, établi dans l’ancienne étable de la ferme — centenaire — de Burtigarten, où les convives s’installent autour d’une longue table commune conviviale. La grange est devenue lounge et la cuisine, qui suit la valse des saisons, se pense dans l’ex-soue à cochons… Le saumon est délicatement fumé, le steak de renne fondant, les œufs n’ont pas fait 30 m et le jus de pomme vient de la vallée. Farm to table, diraient les anglophones.

Au-delà, il y a encore plus de nature. Les grands espaces du parc national de Reinheimen. Le canyon de Gulbrandsjuvet pour une après-midi de canyoning. Le rafting sur les rapides de la Valldøla. Puis, bientôt, il y a aura les immensités blanches des Alpes du Sunnmøre à parcourir à ski et en raquettes. Entre ciel et mer.

juvet.com
nasjonaleturistveger.no

uteguiden.com