Chalet Chouqui

Texte Claude Hervé-Bazin / Photo Yves Garneau
Date de parution Hiver 2018-2019

On est là dans le superlatif : le superchalet absolu, le paroxysme du confort, la substance du bon goût, l’essence même de l’architecture de montagne contemporaine.

Les toits des autres chalets sont à ses pieds, le village à sa botte. Le mont Blanc même, pas tout à fait aussi fier qu’à l’accoutumée, semble se prosterner à distance depuis son horizon étincelant. De tous les grands chalets contemporains de Verbier, le Chouqui est l’un des plus vastes : plus de 900 m2 d’espaces de vie, répartis en deux chalets voisins séparés par une haie. Les grandes familles ne sont pas ici un problème : elles sont une solution. La seule pour pouvoir occuper l’intégralité des 9 chambres avec salle de bains et balcon privés, les 12 places du parking souterrain et les 20 sièges de l’immense table de la salle à manger.
Pourquoi se contenter d’un salon lorsqu’on peut en avoir deux ? Voilà donc deux fois plus de canapés moelleux, deux fois plus de coussins, de fausses fourrures et de tweed, deux fois plus de cheminées, aussi. La plus belle, dans sa cage de verre posée sur une dalle de schiste comme arrachée à la roche mère, ronronne au-dessus d’une réserve de bûches, sous une hotte en bois où trône un ours assoupi.
Rien n’a été négligé : le mobilier, anglais, a été conçu sur mesure, tout comme les systèmes lumineux à LED et le sound system sans fil Sonos (à contrôle vocal). Rien ne manque : salle de cinéma privée funky, cave à vins et son bar, lits superposés et salle de jeux pour les enfants, laverie, ski room, l’utile et l’inutile sont là. Ajoutons les pièces maîtresses de ce château en bois : 15 m de piscine intérieure, un Jacuzzi sur le balcon fumant dans l’air glacé, un hammam aux lampes scintillant comme autant d’étoiles. Et, pour ne rien oublier, l’une des plus vastes terrasses extérieures de Verbier.
Pour faire fonctionner cette petite ville, 11 personnes se relaient, 24 heures sur 24 : chauffeurs à demeure, concierge attitré, chef privé et son maître d’hôtel, gouvernante et petites mains. Excessif ? Une chose est sûre : ce n’est plus un chalet, ni même deux, c’est une destination en soi, un caprice de star ou de milliardaire, la reconnaissance ultime pour tous ceux qui, à un moment, ont pu douter. S’offrir ce luxe insensé, c’est savourer une victoire sur la vie.

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