Bentley Continental GT Convertible S
Le grand tourisme à ciel ouvert
Il existe des automobiles que l’on conduit, et d’autres qui donnent vie à la route. La nouvelle Bentley Continental GT Convertible S appartient indéniablement à la seconde catégorie. Avec elle, le voyage n’est plus un simple déplacement, il devient un moment suspendu où le plaisir de conduire se mêle à l’élégance, à la puissance et à cette sensation si particulière de partir à l’aventure. Récit d’un test drive par le magazine helvet, les cheveux au vent.
Fondée en 1919, la marque Bentley est née dans la compétition, avec l’ambition de construire des automobiles capables de gagner des courses, avant de devenir l’une des signatures les plus emblématiques du grand tourisme britannique. On reconnait là la patte de Bentley, l’alliance sans compris de la performance au raffinement. La Continental GT en est la plus belle représentation : depuis sa création début 2000, l’icône a redéfini les codes de la GT moderne ; elle est capable d’avaler les kilomètres avec une aisance déconcertante, et dès que la route devient complexe, elle démontre ses gènes d’une culture de la performance.
La performance au service du luxe
Sous le capot, Bentley a choisi la démesure maîtrisée : un V8 essence biturbo de 4 litres associé à une motorisation électrique pour une puissance cumulée de 680 chevaux et 930 Nm de couple. Le 0 à 100 km/h est expédié en 3,7 secondes et la vitesse maximale atteint 308 km/h dans cette version Convertible. La voiture peut parcourir jusqu’à environ 80 kilomètres en mode électrique, selon les conditions. Il faut bien l’avouer, grâce à l’hybride, l’automobile peut démarrer dans un silence presque monacal, puis réveiller son V8 à la moindre sollicitation.
La lettre S n’est pas ici qu’une affaire de style, ni de sport. Elle traduit une philosophie plus dynamique de la Continental GT Convertible. Bentley lui associe son Performance Active Chassis, qui réunit notamment les quatre roues directrices, le différentiel électronique à glissement limité avec vectorisation du couple et le système Bentley Dynamic Ride, capable d’offrir un équilibre parfait entre confort d’une berline et agilité d’une sportive.
De Nyon au Brassus, avec le ciel pour seul toit
Ce matin-là, la raison du déplacement avait quatre roues, une silhouette sculptée et un toit qui n’allait pas rester fermé très longtemps. La nouvelle Bentley Continental GT Convertible S attend sagement, avec mon rédac’ chef qui me tend la clé. Imposante la lady, certes, mais sans ostentation. Elle a cette élégance britannique qui ne cherche pas à attirer le regard à tout prix. Il faut s’installer derrière son volant pour comprendre que sous cette fausse discrétion se cache un tempérament autrement plus affirmé.
Direction Le Brassus. Depuis Nyon, la route s’étire tranquillement vers le Jura. À allure tranquille, la Bentley se montre d’une douceur remarquable, la conduite est fluide. Puis les premières courbes du col du Marchairuz arrivent. J’appuie sur l’accélérateur et le V8 se manifeste. Nous sourions comme des gosses heureux, rien qu’en entendant le son qui se fait plus présent aux échappements. Les quatre roues directrices participent à une agréable sensation de légèreté, inattendue : compte tenu du gabarit de l’engin, 2.4 tonnes, on pourrait s’attendre à de la lourdeur, mais il n’en est rien.
Au Brassus, la Bentley retrouve son rôle de grande voyageuse confortable et nous conduit jusqu’à l’Hôtel des Horlogers, où nous faisons halte pour un déjeuner des plus chics. Nous y sommes divinement bien accueillis ; Le lieu, à l’image de la Vallée de Joux, cultive cette alliance entre design contemporain, nature et précision horlogère. Une bonne table, loin de l’agitation, puis nous repartons. Maintenant, la vitesse n’a plus d’importance, on profite du paysage des pâturages, on teste les derniers gadgets – siège massant, puissance de l’audio, clé aimantée au tableau de bord, ouverture/fermeture du toit – et on se surprend à conduire de façon nonchalante, avec tant d’aisance.
Et c’est peut-être le plus beau compliment que l’on puisse adresser à une Continental GT Convertible S : après plusieurs heures au volant, on aimerait simplement que la route continue encore.
Le saviez-vous ?
Le logo Bentley est asymétrique. Lorsque Walter Owen Bentley demande à l’artiste F. Gordon Crosby de créer l’emblème de la marque en 1919, celui-ci dessine le célèbre « B » ailé, avec dix plumes à gauche et onze à droite. Cette asymétrie était volontaire afin de rendre le logo unique et de le distinguer des faux. Dans les années 30’, suite au rachat de Bentley par Rolls-Royce, le logo devient symétrique avec dix plumes de chaque côté. Puis, avec l’arrivée de la première Continental GT en 2002, Bentley choisit de renouer avec l’asymétrie historique. En 2025, Bentley dévoile une nouvelle génération du Winged B, qui troque les plumes supérieures au profit d’ailes plus graphiques, plus acérées, inspirée du faucon pèlerin.
Chez Bentley, même les détails ont leur histoire.