Loïc Froidevaux

Un photographe en immersion

Texte
Daniel Bauchervez
Copyright
Loïc Froidevaux
Parution
Janvier 2026

Ingénieur et photographe, cartésien et créatif. Loïc Froidevaux réunit des états qui pourraient sembler antinomiques. Avec une idée inassouvie en tête : témoigner du vrai, toujours, en montagne comme en mer. Découvreur de talents suisses, helvet lui ouvre avec plaisir ses pages. 

À 30 ans, Loïc cumule déjà une demi-vie à balader un appareil photo avec lui. Celui de ses parents d’abord. Un Sony A7iv aujourd’hui, complété par toute une panoplie d’objectifs allant du 16 mm au 400 mm. Son favori ? Le grand-angle, « qui donne l’impression d’être plus acteur que spectateur ». Le photographe avoue aussi un penchant pour le noir-et-blanc, qui « renforce l’atmosphère spectaculaire d’une image et la perception d’intensité et d’effort. »

Natif de la Chaux-de-Fonds, le jeune homme a naturellement fait des montagnes un de ses sujets de prédilection. « J’aime cet environnement graphique, qui change constamment en fonction de la lumière et de la saison, affirme-t-il. J’y ai passé de magnifiques moments. » Un écho à son caractère touche-à-tout, peut-être, à son besoin d’enchaîner les expériences et de se confronter à la réalité des éléments.

Aujourd’hui, c’est en Valais, le plus souvent, que le photographe se rend, attiré par la corolle de sommets endiablés soulignant la vallée. Les voir d’en-bas, c’est bien, mais les voir d’en-haut, c’est mieux… Après le drone, adopté pour sa capacité à « donner une ampleur majestueuse à la scène », Loïc a franchi le pas et passé sa licence de pilote d’hélicoptère, à Sion, l’an passé. Le souvenir intense d’une collaboration avec la compagnie Héli-Alpes, qui l’a notamment vu déposé au sommet du Pleureur, à 3’700 m, en short et T-shirt, le temps de shooter l’hélicoptère en appui-patin au-dessus du vide, le Grand Combin en toile de fond. 

« La photo donne accès à des aventures que l’on n’aurait même pas imaginées ; elle permet des rencontres, des découvertes, de vivre d’autres vies l’espace d’un moment », s’enthousiasme Loïc.

Des images vécues
S’il est un leitmotiv qui souligne sa passion pour la photographie, c’est bien l’idée d’immersion. Participer plus que regarder. Vivre l’instant et le documenter, dans une idée de planification minimale et de spontanéité maximale. En trail, parmi les coureurs, comme sur un shooting pour une entreprise. Sans artifices. Sans spots. Sans mise en scène. « C’est, je crois, ce qu’apprécient les marques pour lesquelles je travaille : mes images sont immersives. Couteaux Swiza, sacs Bach Equipment, j’offre aux produits une aventure, je les embarque, je les utilise, dans l’idée d’un reportage empreint de sincérité, bien plus que dans celui d’un shooting. Je me laisse porter par le voyage et, quand je vois quelque chose qui sort du lot, une lumière, un décor, je déclenche. Bref, je vis réellement ce que je photographie, dans une recherche constante de sincérité, précise Loïc. Et si ça ne marche pas toujours comme on le voudrait, avec les contraintes, on devient plus créatif. »

Et maintenant ? Maintenant, Loïc rêve de reportages au long cours et d’horizons marins, de rencontres humaines et d’émotions — « de prendre le temps de prendre le temps ». À bord d’un bateau en pleine tempête ? « Ce serait fabuleux. In fine, l’univers marin n’est pas si éloigné de la montagne : accessible sous le soleil, hostile dès que le temps se gâte », croit déceler le Chaux-de-Fonnier. « La photo, c’est une manière de regarder le beau dans ce qui nous entoure, de graver un endroit, un moment. Mais c’est aussi, pour moi, une manière d’aiguiser le regard. L’attente d’une belle image pousse à mieux regarder et, in fine, à mieux voir. »

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