The Alpina Gstaad – L’émergence d’une référence

Text Christian Bugnon, rédacteur en chef #helvet magazine
Date of publication 19.07.2018

Gstaad, la belle endormie, sérail suisse des célébrités, enveloppée dans la ouate de son luxe feutré et l’assurance de son rôle dans le monde, s’éveille à une époque nouvelle. Aux ambiances immémoriales de chalets, les designers tissent une toile naviguant entre urbain et contemporain. L’hôtel Alpina s’inscrit dans cette tendance.

Les Américains ont un mot — emprunté au français — pour décrire les hôtels de légende qui ont traversé le temps, s’affirmant en véritables institutions et devenant des destinations en elles-mêmes: une grande dame. A Gstaad, comme ailleurs, on les compte sur les doigts de la main. L’inauguration en 2012 de l’Alpina n’en est que plus rare: voilà un siècle qu’un établissement d’une telle envergure n’avait pas vu le jour sous les cimes locales!

Un coup de fraîcheur sur les Alpes
Arrimée au-dessus du village, cette grande dame en devenir — la pompe en moins — s’inscrit dans un paysage assurément digne d’éloges: dressant ses tourelles par-delà les rideaux de sapins préservant son intimité, l’Alpina contemple dument les alpages et les montagnes enneigées. Cette position dominante affirme l’ambition de la maison. L’armée de personnel, aussi discret que sympathique, les œuvres d’art contemporain et l’originalité théâtrale du hall d’accueil, avec son grand escalier en bois et son gigantesque tronc d’arbre-pupitre, contribuent tous, à leur échelle, à affirmer cette vocation au grandiose.

A l’antithèse du classicisme, les 56 chambres et suites, toutes avec balcon ou terrasse, évoquent les intérieurs de ces superchalets de grand luxe qui ont fleuri (notamment) à Verbier et Zermatt ces dernières années. On y retrouve la même patine du bois vieux de sapin et la noblesse des matières naturelles, gages d’ancrage dans l’identité alpine. L’esprit est au cocooning élégant, empruntant au vocabulaire suisse éternel, entre vénérables armoires paysannes transformées en bar, cheminées contemporaines (in-room pour les plus chanceux) et discrètes impertinences (telles ces suspensions-clarines).

Des récompenses à tout-va
Un autre critère s’impose pour faire d’un hôtel une grande dame: une scène gastronomique intéressante. Là encore, l’Alpina est à la hauteur, avec un lounge et trois restaurants, dont deux largement plébiscités par Gault et Millau: le gourmet japonais Megu (16 points) et Le Sommet (17 points!), où le chef allemand Martin Göschel, «révélation de l’année 2002», électrise l’essence des produits alpins de saison par ses touches de saveurs asiatiques et latino-américaines. L’un et l’autre ont été étoilés par Michelin.

Cinq ans seulement après son ouverture, l’Alpina s’est vu décerner en 2017 le titre envié de «meilleur hôtel de vacances» de Suisse — une récompense qui a succédé à d’autres et à une position remarquée sur la liste des cent meilleurs hôtels de la planète. Le premier maître d’hôtel, Franco Paloschi a, lui, écopé au même moment du titre de «meilleur professionnel de l’hôtellerie de l’année». Un juste châtiment pour cet homme précieux, polyglotte, qui connaît nommément la plupart de ses clients et leurs préférences…

Comme à la maison
Un hôtel de cette prestance se devait de présenter un autre incontournable: une piscine remarquable. Contrat rempli avec non pas un, mais deux bassins. Un extérieur, plongé dans le paysage. Un intérieur, intimement étalé dans une pénombre aux reflets bleutés, sous un large puits de lumière circulaire. A une extrémité, la salle de sport. De l’autre, deux jacuzzis surgissant d’entre les rochers, tels des geysers au repos. Les papilles desséchées trouvent même un sympathique juice bar, avec ses cagettes de fruits frais et son thé au gingembre, servi aux choix tiède ou frais. L’importance des détails, toujours. En prime: le premier spa Six Senses de Suisse, étendu sur 2000 m2 et… une grotte de sel de l’Himalaya. Autant d’éléments qui font de ce boutique hotel aux grandes ambitions et au service très personnalisé un refuge fort apprécié. D’ailleurs, on aimerait bien ne jamais en repartir.

www.thealpinagstaad.ch

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