Tanguy Henrijean

Pour l’amour du ski freestyle

Author
Daniel Bauchervez
Copyright
Tanguy Henrijean
Release
Février 2026

Originaire du Plat Pays, Tanguy Henrijean est venu en Suisse à l’appel des pentes. Direction le Valais. Le voilà désormais installé à Crans-Montana, jonglant entre tricks, journées devant l’écran et séquences nature, appareil photo en main.

Ce n’était pas écrit d’avance. Ou peut-être que si : ce n’est pas la neige des Ardennes qui peut vraiment satisfaire les envies de ski freestyle… Tout jeune encore, Tanguy Henrijean quitte donc sa Belgique natale pour la Suisse. Le voilà bientôt à Anzère, responsable du snowpark, accumulant goulument les hivers, puis installé à Zermatt, au pied même de la pyramide du Cervin. Est-ce la ligne pure de la montagne qui l’y pousse ? Tanguy renoue avec son goût et sa formation pour les arts visuels. Puis intègre l’équipe de marketing des remontées mécaniques de Crans-Montana, avec une double casquette de graphiste et de community manager. L’occasion de révéler ses talents de photographe en mettant en valeur les événements de la station.

Tout remonte à ses années adolescentes lorsque, en bon Millenial, il s’amuse à shooter les tricks de ses potes. « Comme beaucoup de jeunes nés dans les années 90, j’ai grandi en pratiquant des sports extrêmes et on avait toujours une caméra ou un appareil photo pour documenter nos sessions, confirme l’intéressé. Plus tard, j’ai pris des cours de photographie et c’est à ce moment que j’ai considéré ce medium avec plus de profondeur. Au fil des ans, j’ai pu travailler sur de nombreux projets, mais j’essaye de garder ça comme une passion et pas comme un job. » 

Ses instruments de prédilection ? Un Canon 5D MarkIV, toute une batterie d’objectifs ratissant du 8 mm au 400 mm, mais aussi le simple iPhone et le cultissime Lomo — ou plutôt un héritier de ce vénérable appareil argentique soviétique, qui a connu une résurgence marquée dans les années 1990 pour ses images à la dimension expérimentale, fortement saturées, empreintes d’effets de flou et de vignettage, ou même déformées ! Une véritable culture photographique alternative est née autour du Lomo, prônant, comme Tanguy, l’importance de ne jamais se séparer de son appareil et la primauté de l’instant et de l’instinct sur la technique. 

Le Bruxellois confirme : il photographie avant tout avec le cœur, spontanément, en quête d’émotion, de sensations, sans idée directrice. « Je n’ai pas réellement de sujets favoris, j’essaye d’immortaliser les choses que j’aime, de capturer des moments dont j’ai envie de me rappeler, que ce soit un paysage ou une attitude », confirme Tanguy. Un souvenir marquant ? « Oui, une photo du Cervin que j’ai prise au vol en arrivant sur le spot où j’allais camper pour la nuit, au moment où le soleil disparaissait derrière l’arête. Le contraste était incroyable. Je pense aussi que je me remémore cette image car c’était la première fois que j’allais camper seul. » 

Et à Crans-Montana ? Les images de Tanguy Henrijean nous parlent d’une montagne forte là aussi en jeux d’ombres et de lumières, volontiers magnifiée par le drone et le « caractère intemporel » du noir-et-blanc. Une montagne pure et libre.

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