Zermatt

Un domaine skiable hors pair

Texte Daniel Bauchervez / Photo David Carlier
Date de parution Hiver 2017-2018

Côté ski, Zermatt cumule les arguments : un domaine de 360 km partagé entre Suisse et Italie, le plus haut d’Europe, où l’on skie 365 jours par an. Des pistes parfaitement préparées. Le plus beau panorama du monde. Une ambiance alpine authentique. Et de superbes runs sauvages pour les fantasmes de poudreuse.

Première (excellente) surprise : là où d’autres stations peinent à garantir assez de neige en ces temps troublés par le réchauffement climatique, Zermatt assure. Non sans raison. Son vaste domaine, partagé en trois secteurs reliés entre eux, culmine respectivement à 3103 m (Sunnegga-Blauherd-Rothorn), 3532 m (Riffelberg-Gornergrat-Stockhorn) et 3883 m (Trockener Steg-Matterhorn glacier paradise). Le plus haut téléski y grimpe même jusqu’à 3899 m, 15 petits mètres sous le n°1 mondial (Breckenridge au Colorado).
Les débutants bénéficient ici de tout le confort: de la neige bien à soi à l’écart des grandes pistes, des tapis roulants, des jeux et… un forfait gratuit pour les enfants jusqu’à 8 ans (et même 15 ans le samedi) ! Les grands ont droit à la part du lion, avec deux tiers de pistes rouges et d’autres tendance cramoisie tirant sur le noir… Et pourquoi ne pas explorer le versant italien ? La foule y est fort clairsemée et le décor tout aussi fabuleux. Seule contrainte : ne pas oublier l’heure de la dernière remontée pour regagner Zermatt.

Ski sauvage
S’il ne fallait en citer qu’un, ce serait le Stockhorn. Passé janvier, lorsque la neige s’est assez accumulée, nappant rochers et crevasses, les skieurs chevronnés viennent déguster ses jaunes d’anthologie (hors-piste semi-sécurisé sur 36 km), parfaites après la tempête. Les amateurs de ski de bosse sont aux anges sur cette face de 1100 m dévalant jusqu’au Findelgletscher; les freeriders, eux, se laissent happer par les flancs.
De l’autre côté du glacier, le Rothorn ajoute ses propres jaunes sur une face ouest griffée de ravins rocheux. Le vent y accumule par endroits de gros oreillers de poudre. On les conjugue avec la noire céleste reliant Blauherd à Patrullarve à travers la forêt — avec prolongation possible dans le rock garden situé en contrebas du télésiège.

L’effet féérie
Des runs mémorables, il en existe une multitude, à explorer avec un guide de l’Alpin Center et tout le matériel de sécurité adéquat. Il s’agit là de sortir les peaux de phoque et de ramer un peu… Pour ne pas trop suer, on peut mettre le cap sur le col de Schwarztor, en longeant le Breithorn depuis le Petit Cervin. Au programme : un long faux plat dans un panorama incroyable de sommets blancs, un tapis neigeux impeccable, puis un slalom entre les séracs. Le glacier du Gorner est rejoint, puis on ressort par un verrou rocheux, rejoignant Zermatt avec la sensation du devoir accompli et l’envie de remettre ça. Breithorn, Cima di Jazzi, Fluhhorn, Fillarhorn, Pfulwe… par lequel (re)commencer ?
Plus fou encore? Et s’il était temps de craquer pour une sortie en héliski? En ligne de mire: le mont Rose (ski seulement), l’Alphubeljoch (snowboard également), l’Aeschihorn… Une fois l’hélicoptère reparti dans un tonnerre de flocons glacés, le silence s’impose et l’esprit s’emballe. Shoot d’adrénaline. Pentes ouatées. Fascination d’une nature redevenue vierge. Le monde des hommes semble si loin… 2500 m plus bas. La descente est une longue danse feutrée au cœur des 4000 m et des glaciers. Un rêve réalisé.

www.zermatt.ch/fr/skier
www.alpincenter-zermatt.ch

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