Rendez-vous à l’Xtreme

Texte Claude Hervé-Bazin / Photo DR
Date de parution Hiver 2018-2019

Cette année, c’est entre le 23 et le 31 mars, en fonction de la météo, que les meilleurs freeriders de la planète se retrouveront sur les pentes raides du Bec des Rosses, pour l’Xtreme de Verbier, dernière étape et grandiose finale du Freeride World Tour.

Parti de rien il y a près d’un quart de siècle autour d’une bande de passionnés, sur les pentes vertigineuses du Bec des Rosses (déclivité maximale : 58°), le Freeride World Tour a fait irruption dans la sphère médiatique et dans la tête de bien des jeunes amateurs de glisse. Vidéos, réseaux sociaux, films sur grand écran, les images des riders-surhommes, survolant au mépris du danger des pentes toujours plus raides, toujours plus vierges, nappées de poudre et entrecoupées de barres rocheuses, ont peu à peu façonné un mythe.
Le hors-piste est devenu freeride et une industrie entière s’est construite autour de cette activité, avec ses marques, son matériel spécialisé, ses events, ses nécessaires formations à la sécurité. Le FWT a essaimé tout autour de la planète et fait des milliers d’émules. Le circuit engendre désormais quelque 150 événements annuels entre Freeride World Tour proprement dit (réunissant les meilleurs mondiaux), Freeride World Qualifier, Freeride Junior World Championships et Freeride Skiing Team Competition (Skiers Cup). 

Le rêve inassouvi du plus beau run
Le FWT fait cette année escale à Hakuba (Japon), Kicking Horse (Canada), Fieberbrunn (Autriche) et Vallnord-Arcalís (Andorre), entre mi-janvier et début mars. Mais tout ramène toujours, in fine, au Bec des Rosses, au sommet duquel s’aligneront, dans les premiers jours du printemps, une trentaine des meilleurs riders de la saison.
Pas de tracé imparti, pas de portes, pas de chronomètre, pas de figures imposées. En freeride, tout repose sur le choix et la beauté de la ligne, sa fluidité, le style, la technique et la maîtrise du rider. Reste à jongler avec la vitesse, la qualité de la neige, les zones verglacées, les rochers tout juste tapis sous le manteau poudreux, les crevasses, les no-fall zones (sans droit à l’erreur) obligeant à ralentir un peu la cadence — et les avalanches, bien sûr.
A contrario de l’image de liberté absolue qu’ils véhiculent, les riders ne prennent pas de risque superflu. Tous les pros repèrent méticuleusement leur ligne, la mémorisent, scrutent les conditions à l’aide de jumelles, d’un appareil photo à haute résolution, d’un logiciel de cartographie, d’un drone ou même parfois en repérage par hélicoptère. Pas très écolo, mais essentiel à la survie. Mais quelle ligne choisir ? Forts de leur expérience, les meilleurs la sentent immédiatement. Il faut, au final, offrir aux juges une juste proposition d’esthétique, de risque et d’originalité, sans oublier quelques sauts pour pimenter l’affaire…
Rendez-vous, donc, entre le 23 et le 31 mars au pied du Bec des Rosses, où le Village des spectateurs, installé pour la première fois en 2018, sera de retour. Plein soleil, au pied de la face, le site (d’accès gratuit) est parfait pour observer les runs — à l’exception d’une section du couloir du Dog Leg, que l’on découvre sur l’écran géant installé sur place. Avec l’émulation sans cesse renforcée des plus jeunes, le spectacle promet d’être grandiose. 

www.freerideworldtour.com

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