Héli-

Alpes

Une belle histoire

Texte Daniel Bauchervez / Photo Ned Dawson
Date de parution Hiver 2017-2018

Il était une fois une compagnie d’hélicoptères, qui avait fait du Valais son terrain de jeu. Fondée en 2005 par 5 amis, dont 4 pilotes chevronnés, Héli-Alpes ne cesse, depuis, de parcourir les cieux de la région — et même de toute l’Europe !

C’est à vol d’oiseau du centre de Sion, au bout de la piste de l’aéroport sédunois, qu’Héli-Alpes s’est installée. La compagnie d’hélicoptères y entretient une flotte de 10 appareils. Il y a là des petits biplaces à moteur à pistons, comme le Robinson R22 et le Cabri utilisés pour les activités de l’école de pilotage, des mono-turbines polyvalents de type Colibri et Ecureuil surtout employés pour le transport de matériel ou de personnes, jusqu’au luxueux Bell 49 biturbines avec pilote automatique, qui se prête idéalement aux plus longs vols.

Pour escorter cet escadron, la compagnie emploie sept pilotes à l’année, plus cinq freelances appelés en renfort en fonction de l’activité, en partie saisonnière. A leur programme, en plat de résistance : des vols taxi et panoramiques au-dessus des Alpes, des baptêmes, mais aussi des apéros en altitude et des demandes en mariage… Certains clients ne se laissent pas impressionner par les distances. Un rendez-vous à Paris ou à Bruxelles ? Aucun problème. Une soirée au casino de Monte-Carlo ? Une séance de visites immobilières à Ibiza ? Un trip au nord du Danemark ? Chez Héli-Alpes, on connaît. Le plus original ? « Sans doute le transport d’un dragon de Komodo pour le vivarium de Lausanne » se souvient Jean-Daniel Berthod, vice-président et directeur de l’exploitation (COO) de la compagnie.

Un large éventail d’activités

Parmi les activités phare d’Héli-Alpes, l’héliski en appelle clairement à l’imagination. Pas moins de 40 places d’atterrissage en montagne permettent de se livrer à cette activité en Suisse, en quête de pentes vierges de toute autre présence. Un rêve pour lequel nombre de passionnés sont prêts à casser leur tirelire… « L’héliski génère 15% de notre chiffre d’affaires, précise Jean-Daniel Berthod. Ce secteur, comme les vols de travaux (à proportion égale), est plus lucratif, mais il engage aussi davantage de ressources. »

Héli-Alpes ne mégote pas. Pour répondre aux besoins des cinéastes, par exemple, la compagnie s’est équipée de son propre système de caméra HD (Haute Définition) et FLIR (infrarouge) monté dans un système gyrostabilisé Cineflex.

Autre domaine d’importance : l’école de pilotage. « Elle est en activité depuis 1987, bien avant la création d’Héli-Alpes, avec le Groupe Hélico Sion dont nous sommes issus, souligne Jean-Daniel Berthod. Nous l’avons professionnalisée depuis 2010. Nous proposons des licences de pilote privé ou professionnel, des qualifications sur tous les types d’hélicoptères que nous exploitons, des extensions pour atterrissages en montagne, pour le vol de nuit ainsi que des qualifications d’instructeurs de vol ou pour pilotes de transport à l’élingue. » (ndlr : l’élingue est la sangle ou le câble utilisé pour soulever les charges).

Evolution à Sion

Face à la fin annoncée, début 2018, des vols militaires à la base aérienne de Sion, Héli-Alpes s’affirme plus que jamais comme un des piliers de l’économie locale. L’armée conservera à Sion une base de dégagement (un rôle qui lui convient parfaitement eu égard aux conditions météorologiques privilégiées de la région) et continuera de maintenir l’aéroport à ses frais jusqu’en 2021, date à laquelle le site devra se réinventer un futur plus civil.

Héli-Alpes a déjà sa petite idée. Aujourd’hui, quelque 40  000 mouvements aériens non-militaires sont enregistrés chaque année à l’aéroport. De nombreux jets privés utilisent la piste de Sion, longue de 2 km (elle permet même à un 737 de se poser !), comme porte d’entrée en Valais. De là, souvent, leurs passagers sautent dans un hélico pour rejoindre les stations d’altitude. Le prince Albert II de Monaco fait régulièrement le voyage, de même que de nombreux financiers et industriels en vacances, parents d’élèves scolarisés dans la région, stars et sportifs d’élite en tournée ou en visite personnelle.

Pour atteindre une masse gravitationnelle suffisante à son équilibre financier, l’aéroport sédunois devra se diversifier, développer l’aviation d’affaires, se présenter comme une alternative crédible à l’aéroport de Genève — souvent saturé —, voire relancer les vols réguliers. Autant d’alternatives dont Héli-Alpes devrait pleinement bénéficier.

www.helialps.ch

FacebookTwitterEmailPinterestAddthis